L’Happy hour à la vénitienne

Venise. 18 heures. C’est le moment de ralentir le rythme, de faire une pause entre amis ou au milieu d’inconnus qui, eux aussi, ont envie de célébrer cet instant magique qui s’étire entre chien et loup : l’heure de l’apéro ! A l’occasion d’un séjour de quatre jours, nous avons découvert, le soir venu, “l’happy hour” à la vénitienne. 

Il faut s’éloigner de la place Saint-Marc et du Rialto pour découvrir l’art de vivre vénitien. Dans le quartier de Cannaregio, au nord, les touristes se font plus rares. On croise des couples avec ou sans enfants chargés de paquets, pressant le pas pour rentrer chez eux ou rejoindre des amis pour boire le verre du délassement et de l’amitié. Ici, pas de “petit jaune” ou de ballon de piquette au zinc. On boit, en terrasse, du bon vin dans un vrai verre à vin, ample et généreux. Toutes les bouteilles proposées à la carte sont disponibles pour le service au verre.

L'Aperol Spritz

Nous avons découvert un apéritif incontournable à Venise, le spritz. À une base de vin blanc, le Prosecco, on ajoute du Campari, pour un goût plutôt amer ou de l’Aperol, plus doux, de l’eau de Seltz, une rondelle de citron ou d’orange et une olive. On s’attarde, on étire le temps, légèrement grisé… De savoureux antipasti nous aident à maîtriser les effets de l’alcool. A Venise, on appréciera plus particulièrement le bacala, servi sur des toasts de pain grillé, une sorte de brandade de morue très crèmeuse. Nous vous conseillons deux bacaro (bars à vins) qui nous ont séduits pour leur cadre, la simplicité de l’accueil et l’atmosphère de bar de copains…

Non loin d'Al Timon, apéro au bord de l'eau

Le premier ouvre vers 18 heures. C’est Al Timon. Bon signe, on y trouve une grande majorité de Vénitiens. Pas de menu touristique. On commence par un Aperol spritz et un verre de vin blanc Malvasia, avant de s’attaquer à la Fiorentina (Florentine), une côte de boeuf pour deux personnes, accompagnée de nombreux légumes grillés et de pommes frites maison, le tout arrosé d’un verre de Barbera d’Alba. 5€ les 100 grammes (de viande).

La Cantina

Un autre soir, nous sommes allés à “La Cantina”, toujours dans le quartier de Cannaregio. Il est indispensable de réserver. L’endroit est très fréquenté et apparemment, très apprécié. Sur le comptoir, un jambon trône, prêt pour la découpe, non loin de dizaines de bouteilles de vin parmi lesquelles il n’y a plus qu’à choisir… On se laisse tenter par une assiette de poissons : crevettes, poulpe, langoustines,… mais on propose aussi des huîtres. Le temps passe et on se sent… un peu Vénitien. Allez-y les yeux fermés, vous ne serez pas déçus !

Al Timon : Fondamenta degli Ormesini, Cannaregio 2754. Tél.: 041/5246066.

La Cantina : Strada Nuova, Campo San Felice, Cannaregio 3689. Tél.: 041/5228258.

Du salé chez “Pain de sucre”

Nous avons goûté “Pain de sel”, une douceur salée de la pâtisserie “Pain de sucre”. Dans notre post du 12 février, nous vous avions parlé de leur tarte à l’escargot.

Magret de canard hâché, foie gras, échalotes et estragon sont les ingrédients de “Pain de sel”. Le mariage est intéressant, le goût est puissant mais l’estragon, un peu trop présent… Un Saint-Joseph de Raymond Trollat, 2009, a magnifiquement accompagné cette tarte ! Un dimanche ensoleillé et gourmand… Quoi de meilleur ?

"Pain de sel"

Retour en enfance(s)

Dans le cadre de la quatorzième édition du “Printemps des Poètes”, qui a lieu du 5 au 18 mars, nous avons assisté hier soir à une lecture d’oeuvres majeures sur le thème “Enfances”, au Théâtre 13, initiée par les éditions Thélème. Nos lecteurs d’un soir, Michael Lonsdale, Bernadette Lafont et Michel Fau, nous ont enchantés… On aurait aimé que cela dure jusqu’à l’aube… 

Quel bonheur d’entendre de grands auteurs dits par de grands acteurs ! Nous ont ainsi été contés des textes d’Hugo, Colette, Chateaubriand, Grimm, Racine et Proust. On redécouvre des textes que l’on croit connaître par le prisme d’un autre lecteur. On se laisse prendre par son interprétation. On y adhère, car le talent est là !

Michael Lonsdale a lu plusieurs extraits de “L’art d’être grand-père” de V.Hugo, un livre que je n’avais pas lu et que j’avais relégué définitivement dans l’étagère des livres “opportunistes”, un peu faciles, que des enfants devenus parents offrent à leurs propres parents lorsque l’enfant paraît, saluant en eux les aïeux qu’ils sont devenus ou qu’ils aimeraient les voir devenir ! Il n’en est rien. Les extraits (dont “La sieste”), dits par M.Lonsdale, nous ont tous transportée en enfance, une enfance éternelle que le grand Hugo a su capter avec brio et justesse en autant de fragments épars qu’il fait miroiter à la lueur de nos souvenirs. Est-ce la douceur distancée de Lonsdale, sa voix, si chaude et mystérieuse ? Est-ce l’écriture brillante, qui sait ici se faire tendre, d’Hugo ? Est-ce un âge vénérable qui lie l’auteur et son lecteur d’un soir en de complices liens ? Nous ne saurons démêler ce qui nous a le plus touchée dans la lecture que Michael Lonsdale nous a faite de l’oeuvre hugolienne.

“Des prés de porcelaine”…

Bernadette Lafont prit le relais avec talent pour nous conter deux extraits de ce même recueil. Avec “Le pot cassé”, elle nous a fait voyager en Chine. Je ne peux m’empêcher de partager avec vous ce petit poème* qui, à partir d’une simple porcelaine, m’a fait entrevoir – comme à Jeanne – un monde fabuleux peuplé de bêtes étranges. Elle lut également, avec sensualité et conviction, deux extraits (“La Petite” et “Le Fantôme”) de “Sido” de Colette.

Michel Fau, que nous ne connaissions pas, nous a régalés de sa verve comique, en nous lisant “Jean le nigaud” de Grimm, arrivant même à nous faire sourire avec la description de l’enfance de Chateaubriand à Saint-Malo dans “Mémoires d’outre-tombe” ou avec un monologue de “Britannicus” de J.Racine.

“Longtemps, je me suis couché de bonne heure…”

Cette séance s’est conclue en beauté avec la lecture, par Michale Lonsdale, de l’introduction de la “Recherche” de M.Proust. Un moment, rare et précieux, de grande émotion que nous conserverons longtemps en mémoire…

Retrouvez et écoutez Michael Lonsdale, Bernadette Lafont et de nombreux grands acteurs (dont Denis Podalydès, Guillaume Gallienne, André Dussolier ou Isabelle Carré) dans les livres audio des éditions Thélème. Voir le Site internet des Editions Thélème.

* Le pot cassé (in “L’art d’être grand-père” de V.Hugo)

Ô ciel ! Toute la Chine est par terre en morceaux !
Ce vase pâle et doux comme un reflet des eaux,
Couvert d’oiseaux, de fleurs, de fruits, et des mensonges
De ce vague idéal qui sort du bleu des songes,
Ce vase unique, étrange, impossible, engourdi,
Gardant sur lui le clair de lune en plein midi,
Qui paraissait vivant, où luisait une flamme,
Qui semblait presque un monstre et semblait presque une âme,
Mariette, en faisant la chambre, l’a poussé
Du coude par mégarde, et le voilà brisé !
Beau vase ! Sa rondeur était de rêves pleine,
Des boeufs d’or y broutaient des prés de porcelaine.
Je l’aimais, je l’avais acheté sur les quais,
Et parfois aux marmots pensifs je l’expliquais.
Voici l’yak ; voici le singe quadrumane ;
Ceci c’est un docteur peut-être, ou bien un âne ;
Il dit la messe, à moins qu’il ne dise hi-han ;
Ça, c’est un mandarin qu’on nomme aussi kohan ;
Il faut qu’il soit savant, puisqu’il a ce gros ventre.
Attention, ceci, c’est le tigre en son antre,
Le hibou dans son trou, le roi dans son palais,
Le diable en son enfer ; voyez comme ils sont laids !
Les monstres, c’est charmant, et les enfants le sentent.
Des merveilles qui sont des bêtes les enchantent.
Donc, je tenais beaucoup à ce vase. Il est mort.
J’arrivai furieux, terrible, et tout d’abord :
- Qui donc a fait cela ? criai-je. Sombre entrée !
Jeanne alors, remarquant Mariette effarée,
Et voyant ma colère et voyant son effroi,
M’a regardé d’un air d’ange, et m’a dit : – C’est moi.

“Le Parisien, il vaut mieux l’avoir en journal !”

Vous vous souvenez peut-être de ce slogan d’une campagne de pub, réalisée en 2008, pour le journal “Le Parisien”. Plusieurs spots mettaient alors en scène la goujaterie du Parisien-type ! Et bien, c’est exactement ce que pense et décrit Eriko Nakamura dans son livre “Nââândé !?”, qui vient de paraître. Le miroir que nous tend cette Japonaise nous renvoie une image peu flatteuse de nous-mêmes. Mais rassurez-vous, le parallèle qu’elle ne manque pas de faire avec le Japon pourrait, à nous autres Français, nous faire pousser cette même exclamation d’étonnement face à certaines “bizarreries” japonaises. Cet étonnement face à l’altérité qui faisait déjà écrire à Montesquieu : “Comment peut-on être Persan ?” n’en finit donc pas de faire couler l’encre. Avec Eriko Nakamura, il se double de lucidité, d’humour et d’amour… pour un Français.

Mariée à un Français, Eriko Nakamura n’en finit pas de découvrir Paris et ses habitants depuis dix ans. Objet de rêve et de phantasme pour les Japonais, la ville-lumière peut provoquer chez le peuple nippon un choc terrible, théorisé par le Professeur Hiroaki Ota sous le nom de “syndrome de Paris”. Il est vrai que la réalité parisienne est très éloignée de l’image que le Japonais se fait de Paris tant qu’il n’y est pas venu, “un mélange entre la publicité Chanel n°5, Amélie Poulain et les photos en noir et blanc de Robert Doisneau”, comme nous le confie Eriko dans son récit. Très connue dans son pays, Eriko a été présentatrice vedette de Fuji TV, mannequin, égérie d’une marque de cosmétiques… Après avoir écrit et publié plusieurs livres au Japon, dans lesquels elle raconte sa vie à Paris, “Nândé” est son premier livre en français, écrit à l’attention des Français… et de l’un d’eux plus particulièrement, son mari Charles-san. Charles-Edouard, pour les Parisiens.

De l’harmonie aux fausses notes

Elégance, pudeur et courtoisie caractérisent Eriko. Elle a grandi au milieu d’instruments de musique occidentaux que sa famille importe au Japon depuis l’ère Meiji. Bien qu’elle ait vécu en dehors du Japon durant l’enfance et, de ce fait, été habituée à une certaine ouverture, la discordance entre le rêve et la réalité parisienne ne pouvait lui faire pousser qu’un son : “Nândé !”. Cette exclamation n’a pas de mot équivalent en français. Cela signifie : “Oh là là ! que se passe-t-il ?” ou “Non, ce n’est pas possible !”. Au travers de multiples expériences comme le dîner en ville, le rendez-vous (professionnel), les courses, le taxi, le mariage, la grève, le week-end, Eriko nous raconte en quoi certaines situations ou personnes ont pu la choquer profondément… viscéralement. Son éducation, ses valeurs, sa culture ne l’avaient pas préparée à affronter une tribu aussi grossière et “cavalière” que celle des Parisiens. Faisant partie du cercle d’amis évoqué dans son prologue, on éprouve un peu de honte quand on réalise ce qu’elle a dû subir à l’occasion de certains de nos dîners. L’on comprend mieux, du coup, ces absences répétées…

Le “Prince charmant” est français

Les anecdotes, souvent choquantes, parfois drôles, sont nombreuses… Nous vous invitons à les lire. Nous n’évoquerons ici que le chapitre “Mariage”, dans lequel Eriko raconte le sien avec Charles-Edouard, ce prince charmant romantique et français qu’elle ne recherchait pas particulièrement – à la différence de nombre de ses congénères – et son remariage avec ce même Charles-san, dix ans et trois enfants plus tard ! So romantic, alors qu’au Japon, le mariage – cérémonie et fête – n’excède pas trois heures, la mariée loue sa robe et l’ordre des discours est réglé selon le protocole le plus strict. On se souvient alors de ce livre destiné aux Japonais, écrit en 2007, dans lequel elle relatait les événements de l’année écoulée qui l’avaient marquée ou intriguée.

Elle évoquait, entre autres choses, notre propre mariage qui s’était déroulé en Charente-Maritime, le temps d’un week-end, chose impensable pour les Japonais. Ne lisant pas le japonais, je ne sais pas ce qu’elle en dit précisément, mais constater qu’un événement somme toute classique chez nous peut être des plus pittoresques ailleurs est toujours amusant. Il est bon que des personnes vivant entre deux cultures, comme Eriko, nous rappelle la richesse qu’apporte la diversité et l’importance de la reconnaissance mutuelle de nos travers et qualités. Merci, Eriko, pour ce témoignage qui nous aide à mieux te connaître !

“Nââândé !?” , les tribulations d’une Japonaise à Paris. Paru le 1er mars 2012, chez Nil Editions.

British save the snack… and the planet !

Les Anglais débarquent en force en France ces derniers mois. Après le retour de Marks & Spencer, fin novembre 2011 à Paris, c’est la chaîne de restauration rapide “PRET A MANGER” qui s’installe au pays des mangeurs de grenouilles, en ouvrant son premier restaurant à La Défense (Quatre-Temps). Du snack bon et frais qui privilégie le fait main à l’industriel, dans le respect des grands principes du développement durable. La preuve qu’avec un peu de volonté, on peut faire autrement… 

"Prêt A Manger" à La Défense

Chez “Prêt A Manger”, vous trouverez tout ce qu’il faut pour manger bon, sain et rapide : les sandwiches, salades, wraps, soupes et salades de fruits contiennent des produits variés et frais du jour, sans additifs ni conservateurs. Tout ce qui n’a pas été consommé dans la journée est donné à des associations caritatives venant en aide aux sans-abri. Soucieuse de réduire son impact environnemental, l’enseigne cherche à mettre en oeuvre des gestes simples et concrets : par le choix des emballages utilisés et d’équipements moins gourmands en énergie, en sensibilisant les collaborateurs aux gestes durables pour éviter le gaspillage…

Le discours employé est plutôt nouveau. Une humilité – simple positionnement ou reflet d’une vraie démarche – les incite à écrire sur leur site internet  : “Vous avez un ami “Géo Trouvetou” de l’environnement, un voisin inventeur d’un produit ou service “green” ? Vous pensez que cela pourrait nous aider ? N’hésitez pas à nous contacter pour nous en parler ! Nous recherchons toujours de bonnes idées pour agir en faveur de notre planète.” Pour une douzaine d’euros, nous avons déjeuné d’une salade fêta/olives/tomates/roquette, d’un sandwich à base de pain complet et d’une boisson à la grenade. Nous confirmons la grande fraîcheur et la saveur des ingrédients ! Voilà un snack qui devrait plaire à tous ceux qui se soucient de donner du goût et du sens à ce qu’ils mangent…


Prêt A Manger La Défense : Centre Commercial les Quatre Temps, Le Dôme, niveau 3, Puteaux. Tél. : 01 40 90 96 46.

Prêt A Manger Marbeuf : OUVERTURE PROCHAINE (début Mars 2012) - 19, rue Marbeuf Paris 8ème.