Au “Verre volé”

A deux pas du Canal St Martin, au coeur de Boboland, un petit resto-bar à vins qui ne paie pas de mine mais où l’assiette est franche et fraîche : c’est “Le Verre volé”.

Au coeur de "Boboland"

C’est une soirée spéciale en ce 6 mai. Un anniversaire ! Convaincue par mes lectures sur le Net, en particulier sur le blog de François Simon, “Simon says!” – élu au titre de mes affinités électives – que je pourrai au “Verre volé” manger et boire des produits bons et vrais, je réserve une table sans hésiter pour fêter l’événement.

Le rendez-vous est fixé à l’hôtel du Nord, quai de Jemmapes. Atmosphère, atmosphère… Le temps de traverser le canal et nous voilà rue de Lancry, au numéro 67. Dans les vitrines, les bouteilles de vin affichent clairement la destination Bar à vins de l’établissement. Tables et chaises de récup’ bariolées, serveurs barbus et décontractés, aux faux airs de créateur du label Tricatel, laissent peu de doute sur la tribu qui doit fréquenter habituellement le lieu. Il est encore tôt quand nous arrivons – peu avant 20 heures -, ayant suivi le conseil de F.Simon de venir tôt afin de pouvoir profiter des avis éclairés du patron sur sa cave ! Mais quand on a un mari qui est régulièrement pris pour un oenologue ou un caviste, la barre est très haute… Sur les conseils du barbu aux lunettes, nous commençons par un vin blanc de l’Hérault (fait vers Montpellier), servi frais.  Il nous explique que la spécificité de ce vin tient au fait qu’il n’a pas fini sa malo ! J’acquiesce – aussi pertinente qu’une courge pourrait l’être en la circonstance – alors que mon invité répond qu’étant donné le style de vin, il n’aurait jamais dû commencer une malo(lactique)… ou la finir ! Bref, pour un vin dont on nous dit boire ici “des litres”, un verre nous suffit pour accompagner nos entrées : des beignets de ris de veau, pour lui et du thon rouge avec asperges vertes et radis noir, pour moi… Excellent !

Le plat ne nous a pas déçus non plus : un Saint-Pierre (à la cuisson parfaite) servi avec des lamelles de fenouil cru , apportant croustillant et fraîcheur à la finesse du poisson. Huile d’olive et petites niçoises mettant la dernière touche méridionale à l’assiette. L’aubergiste-caviste nous propose un Chassagne-Montrachet 1er cru, “Abbaye Morgeot”, 2008 de Fred Cossard (Domaine de Chassorney). Trop boisé… Dommage, car le plat appelait un vin plus tranchant ! 

Après une assiette de fromages tout à fait honnête, la mousse au chocolat nous tente. Elle est correcte sans brio. Demandant un Porto Vintage pour pousser gentiment le chocolat, on nous apporte un Porto ”L.B.V.” (Late Bottled Vintage). Nouvelle déception sur le vin… L’ensemble nous laisse l’impression d’une cuisine très agréable mais d’un conseil sur les vins nettement moins à la hauteur. L’adage est confirmé : “les chausseurs sont les moins bien chaussés” !

De belles saveurs dans les assiettes !